CoExTA-Prairie · présentation vidéo
CoExTA-Prairie en vidéo
CoExTA-Prairie conçoit une gamme d’outils pour faire les foins avec un cheval de trait et un moteur léger : c’est la traction animale hybride. Cette vidéo d’environ neuf minutes présente le projet, ses partenaires et son calendrier.
En bref
Le projet a démarré en octobre 2026 et dure 27 mois. Les essais en conditions réelles sont envisagés en 2028, à Vouglans (Jura) et à Lauresham (Allemagne). Les plans seront publiés en sources libres.
Pour aller plus loin
Le projet en détail est sur la page CoExTA. Pour envoyer vos photos, vos vidéos ou vos témoignages, ouvrez SnapAé, puis rejoignez la démarche Wikita. Les connaissances rassemblées sont dans Graphinae Corpus, le wiki de la traction animale.
Le film à lire
Ouverture (0:00)
À l’image
En noir et blanc et au ralenti, un cheval gris tire une faneuse à fourches qui s’éloigne dans un pré en pente, sous les forêts et les collines du Haut-Jura. L’image se rapproche de l’attelage, puis vire au bleu nuit. Titre : « CoExTA-Prairie, les fenaisons en traction animale hybride », au-dessus d’une frise d’images de travaux des champs, sur une flèche du temps.
Le cheval tire, le moteur actionne l’outil (0:23)
À l’image
0:23 — Denis Adam parle face caméra, en plein air, devant une vallée boisée bordée de falaises.
0:37 — Un gros tracteur rouge moderne passe dans un pré fauché ; puis un cheval gris clair tire un andaineur ancien, son meneur à côté ; gros plan sur la tête du cheval, harnaché.
0:50 — La photo de l’avant-train vert de 2014, seul ; puis le même avant-train au travail : le meneur assis dessus, derrière un cheval blanc, le petit moteur dans son cadre ; de face, la faneuse rouge déployée de part et d’autre, bien plus large que l’attelage.
1:11 — Animation sur fond clair : la photo d’un cheval de trait et le chiffre « ≈ 750 W », la puissance qu’un cheval de trait peut soutenir tout au long d’une journée de travail. Deux schémas suivent : l’outil entraîné par ses roues, puis par un moteur (environ 9,6 kW) ; dans les deux cas, le cheval ne fait que tirer.
1:32 — Denis Adam face caméra ; à côté de lui, un petit schéma de l’attelage hybride.
Paroles
Je m’appelle Denis Adam. Je suis concepteur industriel et agriculteur en traction animale. Et sur la ferme, nous avons toujours travaillé en mixte : le cheval pour environ quatre-vingts pour cent du travail, et le tracteur ou la motofaucheuse pour le reste. Un tracteur, c’est cent chevaux sous le capot… et une seule personne pour le conduire. Avec de vrais chevaux, une personne mène un cheval, parfois deux, mais pas plus.
En 2014, j’ai fabriqué un premier avant-train motorisé : le cheval tire, et le moteur actionne l’outil. Et avec un seul cheval, on travaille déjà beaucoup plus large. Un cheval et un moteur : c’est ce qu’on appelle la traction animale hybride. Grâce à elle, la ferme a pu travailler plus de dix ans sur une quinzaine d’hectares de fauche. Comme le rappelle Deny Fady, de l’association Hippotese, dans ses travaux avec l’IFCE : un cheval de trait peut soutenir, tout au long d’une journée de travail, une puissance d’environ sept cent cinquante watts. C’est peu pour entraîner un outil par ses roues, d’autant qu’une bonne part de l’énergie se perd au contact du sol, par glissement. Avec l’avant-train motorisé, le cheval ne fait que tirer, et c’est le moteur qui actionne l’outil. Pour aller plus loin, il faut des outils plus larges encore, donc un moteur plus puissant… et deux chevaux pour tirer l’ensemble. Ce premier avant-train, pensé pour un cheval, était trop petit pour ça. Alors, il faut imaginer une nouvelle gamme de matériel.
Premier verrou : le matériel (1:47)
À l’image
1:47 — L’attelage hybride fane, vu de dos : le meneur sur l’avant-train vert, le moteur, les rotors rouges qui projettent le foin. À gauche de l’image, trois vignettes dessinées des ensembles de la gamme. Puis, en plan large, l’attelage fane le long d’une lisière de bois.
2:09 — Quatre cartes reliées par des flèches : recherche mutualisée, plans en sources libres, pièces du magasin agricole, fabrication locale. Sous la première, le bloc « Cofinancé par l’Union européenne » et le logo de la Région Bourgogne-Franche-Comté.
2:20 — Un cheval tire un andaineur rouge dans le foin coupé ; puis une motofaucheuse orange, en gros plan, au ras de l’herbe haute.
2:41 — Animation : « Traction classique », six pictogrammes, face à « Traction animale hybride » ; entre les deux, « ÷ 6 », marqué « objectif visé ».
2:49 — La gamme : l’ensemble avant-train léger et l’ensemble avant-train lourd, en simple et en paire, chacun illustré par une vidéo d’attelage. Puis l’étude de modularité : les deux ensembles et leurs modules en pictogrammes (remorque, relevage, module hydraulique, moteur), devant le dessin en 3D d’un avant-train. Enfin le moteur, seul : un module indépendant, qui peut entraîner d’autres machines.
3:36 — Lumière de fin d’après-midi sur un pré fauché : un cheval blanc avance en tirant l’avant-train vert et une petite remorque, le meneur debout, une lisière de bois sombre derrière.
3:44 — La conception, en trois étapes : photos, modélisation, analyse du modèle (logos d’ALLTECA et du laboratoire G-SCOP), sur la photo d’un avant-train dans une cour, puis sur son dessin. Puis deux étiquettes : « Basse technologie » (on le comprend, on l’entretient, on le répare soi-même) et « Basse puissance ».
4:01 — Au ralenti, le cheval qui tire, entouré d’un halo orange ; puis le moteur derrière lui, entouré du même halo. Un encadré résume : le cheval tire, le moteur actionne l’outil, le meilleur des deux.
Paroles
Le premier verrou, c’est le matériel. En France, plus aucun professionnel ne fabrique d’avant-train motorisable. Pour un métallier local, concevoir seul un tel engin demande beaucoup d’études. Des études dont le coût ne sera réparti que sur peu de pièces produites. Le prix final devient alors trop élevé pour les fermes qui en auraient besoin. Le projet CoExTA prend le problème à l’envers : la recherche est mutualisée, les plans sont publiés en sources libres, et les pièces se trouvent en magasin agricole. Une ferme bien équipée, ou un métallier local, peut alors fabriquer ce matériel en autonomie. Chaque ferme a sa façon de faire les foins. À la Ferme de Chanon, la ferme partenaire du projet CoExTA, avec les étés chauds, on fane peu : c’est donc la fauche qui consomme le plus.
Réduire fortement le carburant de la fauche est donc un des objectifs : nous visons, sur le projet, une consommation divisée par six.
Côté matériel, ALLTECA conçoit toute une gamme d’outils. Sa base : un ensemble avant-train léger et un ensemble avant-train lourd, pour travailler aussi bien en simple qu’en paire.
Des combinaisons sont déjà pressenties, mais c’est une étude de modularité qui dira précisément quels outils seront conçus. Cette étude décomposera le matériel en briques technologiques, pour le rendre modulaire et reconfigurable. Au-delà des fenaisons, chaque élément devra pouvoir servir indépendamment : remorques, relevages, modules hydrauliques se combineront librement, y compris pour la traction animale non motorisée. Et le moteur, qui est lui-même un module indépendant, pourra entraîner d’autres machines, comme jadis les moteurs fixes des batteuses ou des broyeurs.
Faire simple, c’est souvent compliqué. C’est pourquoi ALLTECA et le laboratoire G-SCOP appliquent des méthodes de conception avancées à la basse technologie. Nous couplons ainsi deux contraintes : la basse technologie et la basse puissance. La basse technologie, c’est un matériel que l’on comprend, que l’on entretient et que l’on répare soi-même. La basse puissance, c’est exploiter la puissance modeste du cheval en le spécialisant dans la traction, où il est très efficient. Derrière le cheval, la motorisation légère est cantonnée, elle aussi, à ce qu’elle fait de mieux. Avec la traction animale hybride, coupler ces deux mondes, c’est en réunir le meilleur. À la clé : des outils plus légers, et surtout, un recours à l’énergie fossile drastiquement limité.
Second verrou : les savoirs (4:24)
À l’image
4:24 — En sépia, un cheval blanc tire un andaineur ancien à roues, un homme à côté ; puis l’andaineur de près.
4:38 — La page d’accueil de Graphinae Corpus, « le Wikipédia de la traction animale », puis des articles, dont « Avant-train motorisé ». Viennent les logos d’associations de la traction animale : CERRTA, Faire à Cheval, FNAT, Hippotese, Prommata, Reparata.
5:01 — Devant un mur de pierre, un homme photographie une charrue jaune et rouge avec son téléphone. L’image s’éclaircit et l’application SnapAé apparaît, sur un téléphone : la prise de vue, la fiche de la photo (un mot sur la photo, le crédit et la licence), puis la photo publiée dans le fil communautaire.
5:22 — Un graphe de connaissances, fait de points et de liens ; une « analyse sémantique » y relie des témoignages, des plans et des photos.
Paroles
Le second verrou, ce sont les savoirs. Ils sont parcellaires, et dispersés chez les praticiens, dans les associations, dans les fermes. On sait assez bien ce qui marchait avec le matériel ancien, mais ce matériel ne répond plus aux besoins d’aujourd’hui. Le projet CoExTA-Prairie rassemble ces savoirs dans une base de connaissances ouverte, qui s’appelle Graphinae Corpus. Il la construit avec ses partenaires techniques, et d’abord avec les associations de traction animale. Porté par tous ces partenaires, Graphinae Corpus devient, en quelque sorte, « le Wikipédia de la traction animale ». La base est déjà en ligne, des articles y sont publiés : la dynamique est engagée. Chacun peut y contribuer depuis son téléphone ou son ordinateur, notamment avec l’application SnapAé. L’application SnapAé a été lancée lors des journées d’échanges de Prommata, les 17 et 18 octobre 2026. Dans la foulée, les participants ont partagé plusieurs centaines de photos, qui viendront alimenter la plateforme Graphinae. Graphinae — pour Graph Innovation Agroécologie — est une plateforme consacrée aux techniques agroécologiques. Derrière elle, il y a une démarche qui est en soi une innovation d’élicitation, du terrain jusqu’à l’ingénierie.
Une méthode, des partenaires (5:35)
À l’image
5:35 — Vidéo partagée par un praticien : deux chevaux tirent un avant-train suivi d’une balayeuse à brosse, sur un chemin en forêt.
5:42 — Carte de la France et d’un bout de l’Allemagne : les partenaires (Faire à Cheval, IFCE, CERRTA, Parc naturel régional du Haut-Jura, Reparata, l’Atelier Paysan, Prommata) et les fermes à visiter ; à droite, un calendrier : la tournée d’ALLTECA, à l’automne 2026.
5:50 — Aurel Adam parle face caméra dans un pré, des vaches noires et blanches derrière lui. Le logo de la ferme en haut à gauche, et en bas : « Ferme de Chanon, ferme partenaire du projet ».
6:22 — Sur une carte, le site agro-sylvo-pastoral de Vouglans (zone Natura 2000) ; Denis Adam parle en médaillon, à droite de l’image, pendant que les partenaires passent, chacun sur ses images : le Parc naturel régional du Haut-Jura (pâturages et prés fleuris), le laboratoire de Lauresham en Allemagne (bovins devant des maisons anciennes au toit de chaume), les Chambres d’agriculture de Saône-et-Loire et de Bourgogne-Franche-Comté (balles de foin, champ de céréales).
6:59 — Un lac sous une mer de nuages ; puis le nom ALLTECA et l’adresse allteca.org.
Paroles
Avant de concevoir la gamme de matériel, ALLTECA recueille les besoins de ceux qui pratiquent la traction animale : c’est la phase d’élicitation. Elle s’ouvre, à l’automne 2026, par une tournée de rencontres dans les fermes et auprès des associations partenaires du projet, telles que Faire à Cheval, Reparata ou la FNAT. Je suis Aurel Adam. Je dirige la Ferme de Chanon, à Martigna, et j’exploite aussi le site agro-sylvo-pastoral de Vouglans. Pour l’instant, nous travaillons avec deux attelages, menés en simple. Depuis notre agrandissement, en 2023, nous avons besoin d’un matériel à l’échelle d’une ferme moderne. C’est pour contribuer à le concevoir que nous avons rejoint le projet. Nous y apportons notre expérience dès la phase d’élicitation ; notre atelier fabriquera les structures des prototypes, puis nous les essaierons en grandeur nature, à Vouglans. Le site de Vouglans, en zone Natura 2000, se trouve au cœur du Parc naturel régional du Haut-Jura. Ce Parc est aussi partenaire technique du projet : il apporte un regard environnemental et social sur cette approche de l’agroécologie, et la fait connaître sur son territoire. Les essais se dérouleront aussi en Allemagne : le laboratoire de Lauresham y mettra à l’épreuve, en traction bovine, l’ensemble avant-train lourd et ses modules associés. En France, les Chambres d’agriculture de Saône-et-Loire et de Bourgogne-Franche-Comté apportent leur expertise de la filière équine dans sa dimension agricole. Elles mettent aussi au service du projet leur réseau et leur capacité de diffusion. Au fil des travaux, nous publierons des comptes rendus détaillés sur allteca.org, et nos partenaires les relaieront.
2028, et après (7:06)
À l’image
7:06 — Le calendrier du projet se construit, d’octobre 2026 à la fin de 2028 : élicitation, conception, fabrication, expérimentation ; une épingle marque « ICI ».
7:23 — Au Trait’stival, une paire de chevaux de trait tire un avant-train et un râteau dans une prairie fanée, vers la caméra, du public au bord du pré.
7:36 — Sur le calendrier, les rendez-vous de 2028 : un événement technique à Vouglans, le Trait’stival en juillet, des essais et des événements à Lauresham.
7:45 — Sur la carte, le matériel après le projet : un ensemble reste à Vouglans ; le second revient de Lauresham et fait le tour des associations et des fermes.
8:01 — Graphinae Corpus (graphinae.org) et allteca.org : chaque conception, ses analyses, ses essais, sous licence libre, partagés avec les utilisateurs.
Paroles
Après l’élicitation, la conception occupe l’année 2027. Les prototypes sont fabriqués à partir de l’automne 2027, pour être prêts à la saison de fenaison 2028, celle des essais. En 2028, le site de Vouglans accueillera un événement technique qui mettra à l’honneur toute la traction animale. Associations et organisations y sont conviées : ils y verront à l’œuvre le matériel conçu pendant le projet, et pourront présenter le leur, ainsi que leurs activités. Ces outils seront aussi présentés au Trait’stival du CERRTA, en juillet. De son côté, en Allemagne, le laboratoire de Lauresham animera tout au long de la saison des événements pour faire connaître ses propres essais.
Après le projet, le matériel continuera de servir et à diffuser le savoir. Un premier ensemble restera en démonstration permanente sur le site de Vouglans ; un second, à son retour d’Allemagne, sera prêté à tour de rôle aux associations, et fera son tour de France. Les connaissances, elles aussi, circulent : Graphinae Corpus les rassemble ; allteca.org publie chaque conception, avec ses analyses et ses essais, sous licence libre ; et nous en encourageons largement le partage.
Clôture et générique (8:12)
À l’image
8:12 — Un pré fané en lisière de bois ; au loin, un cheval blanc et l’attelage hybride.
8:18 — Des photos partagées par des contributeurs de SnapAé : une paire de bœufs attelée à un transporteur de foin rouge, dans une cour de ferme ; un cheval de trait attelé à un avant-train à siège ; un cheval sur une trépigneuse, lors d’une rencontre en plein air.
8:26 — Denis Adam face caméra, devant la vallée : l’appel à contribuer.
8:43 — Les adresses sur fond bleu nuit : snapae.allteca.org, graphinae.org, allteca.org ; en bas, la frise des époques et l’image du graphe, du plan et du matériel.
8:56 — Le générique. À gauche : ALLTECA, « Alliance des technologies pour l’agroécologie » ; le bloc « Cofinancé par l’Union européenne » avec le logo de la Région Bourgogne-Franche-Comté ; les logos de la Ferme de Chanon, du laboratoire G-SCOP et des deux Chambres d’agriculture. À droite, les crédits : contributeurs de SnapAé, photos, illustration, cartes, données, musique.
9:05 — Au ralenti, puis à la vitesse réelle : de face, un cheval blanc arrive dans le pré fané avec l’avant-train vert et une faneuse rotative déployée de chaque côté, jusqu’à remplir l’image. Fondu au noir.
Paroles
Ce projet, nous le construisons avec tous ceux qui pratiquent la traction animale. Vous utilisez un avant-train, moderne ou ancien ? Vous faites vos foins avec des animaux ? Vous avez un outil, un croquis, une expérience à partager ? Envoyez-nous vos photos, vos vidéos, vos témoignages avec SnapAé. Nous en publions une sélection dans Graphinae Corpus, « le Wikipédia de la traction animale ». Pour contribuer, pour suivre le projet, ou pour travailler avec nous : tout est sur allteca.org.
Le projet est cofinancé par l’Union européenne et la Région Bourgogne-Franche-Comté.
